La France en Bosnie-Herzégovine Ambassade de France à Sarajevo
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Le Traité de l’Elysée acte fondateur de la relation d’amitié franco-allemande.

Le 22 janvier 1963 le Général de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer signaient le Traité de l’Elysée acte de fondateur de la réconciliation entre l’Allemagne et la France. C’est le point de départ d’une amitié entre les deux pays qui ne s’est jamais démentie depuis presque cinquante ans.

Pour parcourir ce chemin vers la réconciliation que de sang versé dans les deux camps et combien de vies humaines sacrifiées dans les conflits qui ont endeuillé les deux pays. Seule la conviction intime et profonde de deux témoins de ces horreurs pouvait les pousser à épargner aux générations futures qu’une telle catastrophe ne se reproduise. Telle fut la grandeur de ces deux hommes animés d’une vision de l’histoire et du sentiment que l’Europe devait être un espace de paix et de prospérité. Mme Ulrike Knotz et M.Roland Gilles L’Union Européenne n’est pas née du Traité de l’Elysée. Elle est le fruit d’un autre visionnaire Robert Schuman qui entrevit la possibilité de transformer cet espace d’affrontement en espace de coopération et de développement. Mais cette Communauté Européenne qui était née en 1957 avait besoin d’un socle sur lequel reposer et ce socle fut édifié par le Traité de l’Elysée qui scella la réconciliation Franco-allemande et jeta les bases de la future coopération entre ces deux pays. Par une série de mesures concrètes qui visaient à mieux se connaître pour mieux travailler ensemble l’amitié Franco-allemande s’édifia dans le respect mutuel de nos différences. C’est ce qui a fait la richesse de cette entente. C’est ce qui explique peut-être que quand nos deux pays se mettent d’accord sur une question ce compromis devient acceptable par tous.

Le modèle de l’entente entre l’Allemagne et la France est unique. Il est le fruit d’une volonté farouche d’aboutir et d’une confiance réciproque indéfectible même si les modèles de société sont différents ou si nos systèmes politiques sont très éloignés, la France un Etat centralisé et l’Allemagne un Etat fédéral, les voies du compromis sont toujours ouvertes et permettent de trouver une solution parce que la confiance est au rendez-vous. La France et l’Allemagne peuvent avoir des intérêts divergents et peuvent ne pas être d’accord sur tout mais quand il s’agit de questions fondamentales qui ont trait à l’Union Europeéenne elles parlent toujours d’une même voix et cette voix est audible par tous.

La réconciliation n’est pas un vain mot elle vient après un long et douloureux travail sur soi pour dépasser le rejet de l’autre et pour rechercher ce qui unit. La réconciliation commence par les hommes politiques qui ont la responsabilité de donner l’exemple, de prévoir l’avenir et d’ouvrir la voie vers un futur meilleur. La réconciliation s’achève quand personne n’a peur de l’autre et que l’on est prêt à envisager un avenir commun dans le même espace dans le respect des différences.

Le monde change. Il évolue. De nouvelles économies émergent, de nouvelles alliances se constituent. Nous sommes confrontés à des défis importants. Dans cet ensemble mouvant aux contours encore indéfinis l’Union Européenne a un atout majeur avec son marché intérieur de 500 millions d’habitants qui fait d’elle un interlocuteur de poids dans l’économie mondiale. C’est ensemble que nous surmonterons nos difficultés ; c’est ensemble que nous retrouverons le chemin de l’innovation, du développement et ce n’est qu’à ce prix que l’Europe conservera sa place dans le grand ensemble des nations. Penser qu’un pays isolé peut s’en sortir est illusoire. Le faire croire à son peuple c’est le tromper.

La Bosnie-Herzégovine a subi pendant près de quatre ans un conflit terrible qui a vu se dresser ses fils les uns contre les autres dans un affrontement atroce. Les souffrances ont été immenses et la confiance a été durablement ébranlée. Les Accords de Dayton ont arrêté l’effusion de sang mais la méfiance est toujours là. Certains politiciens ont vu dans la rhétorique nationaliste le remède à leurs craintes, voire un moyen de préserver leurs intérêts. Aucune voix ne s’est élevée pour tendre la main et dépasser les clivages nés de cette division.

Nous avons la conviction, forts de notre expérience, que celui qui osera un geste fort de réconciliation entrera dans l’histoire et ouvrira à ce pays la voie vers l’intégration européenne. Il est évident que le chemin ne sera pas facile et que beaucoup de gestes et d’efforts seront nécessaires pour y parvenir mais au bout du chemin se trouve l’unique avenir possible pour la Bosnie-Herzégovine : entrer dans la grande famille européenne.

Il faut pour cela entraîner et préparer la jeunesse de ce pays derrière ce projet comme le fut à son époque pour la jeunesse d’Allemagne et de France avec l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse qui est né du Traité de l’Elysée. Il faut favoriser la mobilité des jeunes pour qu’ils s’ouvrent sur l’Europe et sur le Monde et qu’ils mettent leur énergie et leur talent créateur au service du développement de leur pays.

La Bosnie-Herzégovine ne pourra se construire qu’en retrouvant la confiance et l’envie de vivre ensemble et en envisageant un avenir commun. Le temps presse et il ne faut pas rater le rendez-vous avec l’histoire.

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